La condensation

La condensation de la vapeur d’eau de l’air

Les changements d’états physiques de l’eau mettent en jeu d’importantes quantités d’énergie.

En même temps l’eau à l’état liquide est un élément très conducteur de l’énergie, réduisant de façon sensible la valeur isolante des matériaux qu’elle imprègne.

Mais, également inductrice de vie, sa présence au sein de matériaux de construction, en particulier de structure organique, favorise le développement de tout un monde animal ou végétal :

  • insectes
  • champignons
  • moisissures
  • mousses et lichens

tous prédateurs des matériaux dont ils se nourrissent.

Ainsi l’eau à l’état liquide apparaît comme le pire ennemi de la structure des bâtiments, d’autant plus que le très important coefficient de dilatation qui caractérise son passage de l’état liquide à l’état solide entraîne d’importantes ruptures des liaisons, voire de la structure des matériaux eux-mêmes.

 

Les origines de l’eau au niveau des structures des bâtiments

La vapeur d’eau

La quantité d’eau à l’état gazeux varie de manière très importante dans l’air extérieur

en fonction de la température : plus l’air est chaud, plus il peut contenir de vapeur d’eau
en fonction des influences climatiques (continentales ou océaniques)

L’air intérieur subit les influences humaines, malgré une faible variabilité thermique
rejet de vapeur d’eau par la respiration des occupants et de leur environnement animal ou végétal (chien, chat, oiseaux, plantes vertes, etc.)
production de vapeur d’eau par les activités des occupants (cuisson, bains, douches, nettoyage, etc.)

Enfin l’assèchement des matériaux de la structure elle-même (mortier, bois, plâtre) libère une importante quantité de vapeur d’eau dès lors que les conditions de l’évaporation sont réunies (température, hygrométrie ambiante)

 

L’eau à l’état liquide

En dehors de conditions exceptionnelles ou accidentelles comme les inondations, les bâtiments sont conçus pour être protégés contre l’eau de pluie.

Leur conception et leur réalisation intègrent cet impératif, usuellement bien maîtrisé, même si le phénomène de capillarité à partir de fissures peut-être responsable de dégâts conséquents.

Les malfaçons dans la réalisation de l’étanchéité à l’eau de pluie sont en général assez rapidement apparentes, et leur correction efficace.

La condensation à l’état liquide de la vapeur d’eau de l’air est d’une toute autre importance, de par son aspect quasi continu, et le plus souvent totalement imperceptible à l’œil. Cette condensation est d’autant plus forte que le gradient de température entre l’intérieur et l’extérieur du bâtiment est plus élevé, c’est-à-dire en hiver, et plus diffuse par la multiplicité des zones d’infiltration d’air dans lesquelles elle se produit.

Et pour accroître les conséquences néfastes de cette condensation, en période de températures négatives, cette vapeur d’eau condensée se transforme en glace.

 

L’eau à l’état solide

Quelle que soit son origine, l’eau à l’état liquide est susceptible de passer à l’état solide dès que les conditions de température y sont propices.

La conséquence dramatique de ce passage est l’extrême augmentation de pression sur les versants des fissures exposées à ce changement d’état, d’où élargissement de la fissure, d’où aggravation de la pénétration d’eau de pluie ou du débit d’air générant la condensation.

Le cercle vicieux de la dégradation de la structure est constitué.

 

Comment empêcher la condensation

Supprimer les conditions entraînant coût et dégradation impose d’empêcher la formation d’eau à l’état liquide par condensation tout en permettant à l’eau présente dans les matériaux constituants des parois de s’évaporer. Cette obligation est incontournable sur structure bois.

Empêcher la condensation c’est empêcher le contact entre air intérieur chaud et humide et air extérieur froid et plus sec, en doublant l’enveloppe de la construction de films pare vapeur ou freine vapeur, mais films jointoyés entre eux de manière étanche pour ne pas concentrer en certains points, les liaisons, ce que l’on empêche sur la surface du film.

Pour éviter d’emprisonner de l’eau dans l’épaisseur des cloisons, ces films doivent être de perméabilité variable à la vapeur d’eau, pour permettre l’assèchement des matériaux en été et empêcher la condensation en hiver.

De plus en plus utilisés en construction ou rénovation dans les pays limitrophes, la généralisation de leur utilisation garantira aux occupants des conditions optimales de confort et d’économie tout en assurant une longévité maximale des bâtiments.